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Les églises mexicaines s’unissent pour soutenir les familles dans leur campagne pour les parents disparus

Posted on: February 18, 2020 1:16 PM
La militante des droits de l’homme Ana Sepulveda porte des morceaux de tissu avec les noms de personnes disparues ou tuées, lors d’une manifestation le mois dernier (26 janvier) contre la violence à Mexico.
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[ACNS, par le rédacteur] Les Églises anglicane et catholique romaine du Mexique ont uni leurs forces pour soutenir les familles qui font campagne pour le retour de dizaines de milliers de personnes disparues. Les disparus sont victimes de la violence croissante créée par les cartels de la drogue. On pense que la plupart d’entre eux ont été tués.

Il y a un an, Alejandro Encinas, ministre des Droits de l’homme du Mexique, a déclaré à la presse que le gouvernement estimait à 40 000 le nombre de disparus. Il a indiqué que le gouvernement connaissait plus de 1 100 lieux d’inhumation secrets et que les procureurs locaux avaient recensé 26 000 cadavres non identifiés : « [Ces chiffres] vous donnent une idée de l’ampleur de la crise humanitaire et des violations des droits de l’homme auxquelles nous sommes confrontés ».

Un an plus tard, on estime que quelque 60 000 personnes sont portées disparues, et que plus de 30 000 corps non identifiés se trouvent dans les morgues locales.

En février 2019, le gouvernement mexicain a annoncé des plans pour faire face à ce problème, notamment la création de cinq instituts régionaux d’identification médico-légale. Cependant, pour l’instant les travaux n’ont commencé que dans un seul d’entre eux, à Coahuila. Le gouvernement a également annoncé des plans pour la création de 15 nouveaux cimetières médico-légaux et d’une base de données génétiques nationale (des militants affirment que cela n’a pas été réalisé). En outre, le gouvernement a déclaré qu’il apprécierait le soutien du Comité des disparitions forcées des Nations unies, mais jusqu’à présent, le Comité n’a pas reçu l’autorisation nécessaire pour entrer au Mexique.

71 groupes de parents environ participent actuellement à une campagne de 15 jours visant à sensibiliser les gens à leur situation et à rechercher leurs tombes, dans le cadre de la « Cinquième Brigade nationale de Recherche des personnes disparues » (dont l’acronyme est VBNB, à partir de son appellation espagnole).

Une initiative de 15 jours, jusqu’au samedi 22 février, a commencé par une cérémonie œcuménique dans la cathédrale catholique romaine de Papantla, dans l’État de Veracruz. Divers membres du clergé anglican y ont participé, dont l’évêque Julio César Martín, évêque coadjuteur du sud-est du Mexique, qui avait accompagné les familles dans une marche dans Papantla.

L’évêque catholique romain de Papantla, l’évêque José Trinidad Zapata, a demandé que davantage de soutien soit apporté aux familles. Il a également déclaré que les groupes d’Église de toutes les confessions devraient soutenir le travail du VBNP.

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L’évêque catholique romain de Papantla, Trinidad Zapata, accueille Doña Mary Herrera, Triny Radilla et d’autres parents de disparus dans sa cathédrale de Papantla, dans l’État de Veracruz.
Photo: IAM

Le dimanche 9 février, l’évêque anglican de l’ouest du Mexique, Ricardo Gómez Osnaya, a dirigé une veillée pour les familles dans l’église du Saint-Esprit à Guadalajara, dans l’État de Jalisco. Une veillée similaire a été organisée dans la paroisse anglicane de la Sagrada Familia à Mexico par le prêtre anglican Arturo Carrasco, qui avait auparavant présenté au Synode du diocèse de Mexico le travail du VBNB.

Une porte-parole des familles, Mary Herrera, de la Rede de Enlaces Nacionales  (Réseau des liens nationaux), a déclaré que la campagne était une action non violente en faveur de la paix, où l’on ne recherche pas les coupables mais les proches disparus, en demandant que la violence cesse.